Le baron Norbert van Handel (Foto: © Dr. Norbert van Handel)

Le baron Norbert van Handel (Foto: © Dr. Norbert van Handel)

La vieille noblesse européenne, par la voix du Procurateur du très catholique Ordre de Saint-Georges[1], rattaché à la Maison de Habsbourg-Lorraine dont les origines remontent à 1308, s’inviterait-elle dans le débat politique ? Dernièrement, la lettre ouverte adressée à Angela Merkel par le Baron Norbert van Handel, a, dans la sphère germanophone et au-delà, été d’autant plus remarquée – bien qu’il précise qu’il exprime ici une opinion personnelle – que le grand dignitaire de l’Ordre lance une charge virulente contre la chancelière.

La Monarchie catholique tombée en 1919 sous les assauts de la franc-maçonnerie aux ordres de la haute finance[2] ferait-elle un retour discret sur la scène de l’Histoire ? Serait-ce un signe des temps annonçant un changement de paradigme et marquant la fin de la subversion maçonnique de 1789 et le renouveau de l’Europe sous l’Ordre chrétien des dynasties impériales et royales qui tirent leur légitimité de leur œuvre civilisationnelle et protégèrent notre Occident des invasions islamiques depuis Charlemagne ?

Cette lettre en 14 points[3] – ce ne peut être un hasard venant d’un docteur en droit – est une mise en garde, au style abrupt et offensif, qui rompt avec l’élégance des conventions diplomatiques dont sont familiers les cercles de la haute noblesse. Le ton est donné d’emblée. L’ex-membre de la Stasi et du PC est-allemand (SED) ne mérite pas le titre de « Mme la Chancelière très honorée Dr Merkel », mais est apostrophée par une « Mme Merkel », comme si elle était une simple femme de ménage. Angie le Serpent[4], que l’on sait susceptible et autoritaire, appréciera… N’a-t-elle pas été diligentée par les forces mondialistes pour nettoyer l’Europe de ces horribles nationalistes, de ces insupportables patriotes, de ces identités ethnico-culturelles égoïstes et rétrogrades[5], de ces frontières inutiles ?

La lettre du baron van Handel est une dénonciation de la trahison de Merkel à sa fonction et du complot visant à la destruction de l’Europe chrétienne, dont elle est la réalisatrice ultime[6]. La conclusion est stupéfiante. La menace d’un soulèvement populaire pèse comme une épée de Damoclès sur la tête de la chancelière. Et c’est le peuple qui aura le dernier mot : les citoyens organisés détruiront le système Merkel ! 

« Qui vous donne ce droit, Mme Merkel ? »

« De la part du Dr Norbert van Handel (Steinerkirchen-sur-Traun[7]) »

« 1/ Qui vous donne le droit, Mme Merkel, de détruire l’identité européenne par votre politique?  

2/ Qui vous donne le droit de transformer l’Allemagne en un pays où règne l’insécurité, avec des foyers de réfugiés qui flambent, une montée des viols et de la criminalité des étrangers

3/ Qui vous donne encore le droit, Mme Merkel, de déstabiliser les pays voisins – Autriche, Croatie, Slovénie, Tyrol du Sud – par votre politique ?

4/ Avec quelle autorisation, Mme Merkel, critiquez-vous, comme vous l’avez récemment fait avec le Premier ministre Renzi à Rome, la politique que l’Autriche mène à ses frontières, alors que par ailleurs vous vous réjouissez en Allemagne que – grâce à cette politique frontalière ( !) – arrivent moins de réfugiés ?

5/ Qui vous donne le droit, Mme Merkel, en commun avec M. Schäuble, d’avoir pris la responsabilité d’anéantir les milliards d’impôts des citoyens européens versés à la Grèce, alors que les citoyens grecs n’en virent pas la couleur, mais qu’ils servirent à approvisionner les banques allemandes et françaises pour remédier à la faillite de leur politique ?

6/ Qui donne le droit au vice-chancelier M. Gabriel de critiquer l’État démocratique d’Autriche et de s’immiscer dans son élection présidentielle ?

7/ Comment pouvez-vous conclure un accord, Mme Merkel, avec votre curieuse conception de la démocratie, soutenant l’État policier antidémocratique turc, uniquement parce l’échec de votre politique des réfugiés vous contraint aujourd’hui de céder au chantage qu’exerce Erdogan ?

8/ Avec quelle autorisation, Mme Merkel, avez-vous conclu une politique de visa avec la Turquie, qui fait entrer en Europe, outre les réfugiés, des centaines de milliers de Turcs, si tant est qu’elle fonctionne, ce qui est de plus en plus improbable ?

9/ Qui êtes-vous réellement pour vous permettre d’islamiser l’Europe entière sans tenir compte des intérêts et de la volonté de ses populations ?

10/ Qui vous a donné le droit d’apporter votre soutien au TTIP, qui met l’Europe de plus en plus sous la coupe de la grande industrie et du système financier américains ?

11/ Pensez-vous vraiment qu’une fille de pasteur socialisée en Allemagne centrale avec un passé au SED puisse s’arroger le droit moral de ruiner notre continent ?

12/ Croyez-vous vraiment qu’avec votre « comportement de Maman », vous puissiez repousser votre démission, qui, nous l’espérons, ne saurait tarder, et croyez-vous réellement que votre image dans l’Histoire comme destructrice de notre continent sera particulièrement glorieuse ? 

13/ Croyez-vous vraiment qu’avec la complicité de vos dociles collègues du gouvernement, vous pourrez éviter qu’une résistance ne se lève en Allemagne et en Europe, que des troubles proches de la guerre civile, comme on peut déjà les observer dans certaines parties d’Europe, pourront être évités ?

14/ Êtes-vous réellement fière d‘être la principale responsable de la désintégration de la paix en Europe, de l’Union européenne et avant tout de celle de l’identité culturelle de notre continent ?

Prenez bien note, Mme Merkel, que de plus en plus de citoyens du milieu chrétien, qui ne sont ni des nationalistes, ni d’éternels nostalgiques du passé, mais des personnes qui croient en l’avenir de l’Europe, mais pas au vôtre, se rassemblent dans des groupes plus ou moins importants, et, au final, feront imploser votre politique désastreuse ! »

La contribution ci-dessus est l’opinion personnelle de l’auteur et n’est pas l‘expression du Procurateur de l’Ordre européen de Saint-Georges.

En encadré :
Le baron Norbert van Handel, docteur en droit, est entrepreneur et Procurateur de l’Ordre de Saint-Georges, un Ordre de la Maison de Habsbourg-Lorraine. L’Ordre est chrétien, conservateur quant aux valeurs, adhère à la conception d’une Europe unie, sûre d’elle-même, et soutient l’idée vieille-autrichienne d’un État multinational, ainsi que la nécessité d’une coopération renforcée avec les pays d’Europe du Sud et d’Europe centrale. Site Internet : europaeischer-sanct-georgs-orden.org, http://www.georgsorden.at. 

Norbert van Handel descend d’une famille qui s’est établie dans le Brabant septentrional au XIIIe siècle. Après des études de droit, d’économie et d’histoire aux universités d’Innsbruck et Munich, il occupa différentes postes à la chambre de commerce de Haute-Autriche. Il exerça par la suite des fonctions de direction dans les sphères économique et publique, notamment au sein de conseils de surveillance et d’administration de brasseries, ou à la vice-présidence de la Chambre de commerce néerlandaise.

Le baron van Handel est chevalier de l’Ordre royal néerlandais d’Orange-Nassau. Il est également distingué de la Croix d’honneur pour la science et les arts, du Mérite d’or de Haute-Autriche, de la Médaille de la culture de ce même Land et de la Médaille du mérite militaire remise par le ministère fédéral de la Défense.

Bref historique de l’Ordre de Saint-Georges[8]

Les origines de l’actuel Ordre de Saint-Georges remontent à un ordre européen de la Maison de Habsbourg-Lorraine. Henri VII de Luxembourg créa en 1308 un ordre laïc, l’Ordre d’Ancienne Noblesse, ou Ordre des Quatre Empereurs romains, dont objectif explicite était de renforcer le christianisme et les vertus de la chevalerie. Ses membres comptaient le roi, la reine et 22 chevaliers. Enthousiasmés par la gloire et la puissance des ordres de chevalerie acquises en Terre Sainte lors des Croisades, les dirigeants laïcs créèrent leurs propres communautés chevaleresques.

À la suite de l’extinction de la Maison de Luxembourg, au milieu du XVe siècle, les deux ordres évoluèrent différemment au fil des siècles et traversèrent des périodes de gloire et de déclin. L’Ordre de Saint-Georges reste attaché aux empereurs de la Maison de Habsbourg. Un document datant de 1692 établit que l’ordre constitué par l’empereur Frédéric III (1415-1493) fut confirmé en 1469 par le pape Paul II, le Vénitien Pietro Barbo.

L’historien et abbé Justinianus (Bernardo Giustiniani), dans son ouvrage d’histoire paru à Venise en 1692 intitulé Historie Cronologiche dell’ Origine degl’ Ordini Militari e di tutte le Religioni Cavalleresche (« Historiques chronologiques des ordres militaires et des fraternités spirituelles de chevaliers »), fait remonter l’histoire de l’Ordre à Rodolfe Ier, le premier Habsbourg à être monté sur le trône impérial, qui créa l’ordre de chevalerie de Saint-Georges en 1273 lorsqu’il fut élu empereur du Saint-Empire romain de nation germanique.

Il est généralement admis que l’Ordre de Saint-Georges a été mis en relation par l’empereur Frédéric III avec un autre ordre, celui de la Société du Dragon d’Autriche fondée à Ödenbourg en 1409, elle-même directement rattachée à l’Ordre du Dragon du roi de Hongrie et empereur Sigismond. La dignité de grand-maître de l’Ordre de Saint-Georges est, depuis l’empereur Maximilien Ier, restée sous l’autorité des Habsbourg-Lorraine.

L’impératrice Marie-Thérèse promulgua de nouveaux statuts en 1765. En 1768, le prince Philippe Ferdinand de Holstein-Limbourg maintint la réorganisation de l’Ordre sur le principe de la noblesse. Il eut une branche (langue) allemande et une française. À la première appartinrent principalement des représentants de la haute aristocratie allemande, flamande et wallonne ; à la seconde se rattachèrent presque exclusivement des membres de la haute noblesse française dont l’existence fut menacée lors de la Révolution française. Situation qui entraîna une décadence de l’Ordre placé dès lors devant une « langue » française devenue inactive et une langue allemande qui subsistait.

L’empereur François-Joseph Ier confirma, en 1848, le prieuré de l’Ordre de Saint-Georges d’Autriche ; en 1849, une nouvelle constitution aurait été promulguée.

En 1917, l’empereur Charles Ier proclama l’Ordre comme un ordre de chevalerie laïc. Après la Première Guerre mondiale, émergea, à la suite des bouleversements politiques, une situation complètement nouvelle de ses différentes branches. L’empereur dut abandonner son trône le 11 novembre 1918, sans avoir abdiqué formellement. L’évêque Alois Hudal, alors prieur spirituel provisoire de l’Ordre et recteur du Collège teutonique de Santa Maria dell’ Anima de Rome, élabora un promemoria de dix pages sur l’évolution historique ainsi que le statut actuel de l’Ordre, en prenant en compte le nouveau contexte historique. Il mit notamment en évidence l’importance que les Habsbourg ont jouée dans son histoire ainsi que la confirmation de l’ordre en 1917 par Charles Ier en tant qu’ordre de chevalerie laïc.

À la mort de ce dernier, le titre d’empereur d’Autriche, roi de Hongrie, etc. fut légitimement attribué à son fils aîné, l’archiduc Otto. Dans l’ordre successoral, le parrainage de l’Ordre de Saint-Georges revint à l’archiduc Otto et aujourd’hui à son fils Charles, en qualité de chef de la Maison de Habsbourg-Lorraine.

L’ordre revendique son indépendance à l’égard des partis politiques. Il se veut chrétien, libéral sur le plan économique, caritatif et soucieux de la défense du pays. Son objectif  est de combattre pour une Europe chrétienne menacée, qui perd de plus de plus ses racines chrétiennes et historiques, ainsi que de renforcer les liens historiques avec les pays de l’Europe centrale sous le patronage de la Maison de Habsbourg-Lorraine.

Source principale
http://unser-mitteleuropa.com/2016/06/02/wer-gibt-ihnen-das-recht-frau-merkel-2/

Autres sources
Maçonnerie et sectes secrètes : le côté caché de l’Histoire, Epiphanius, Publications du « Courrier de Rome », BP 156, 78001 Versailles cedex, 2000.

Le Plan de domination mondiale de la Contre-Église. L’apostasie des nations et le gouvernement mondial, Henri Le Caron, éd. Fideliter, Escurolles, 1985.

[1] http://www.georgsorden.at/struktur/die-ordenregierung/

Notons que Norbert Hofer, candidat FPÖ à la dernière élection présidentielle autrichienne, compte parmi les vingt-cinq Chevaliers d’honneur (Ehrenritter) de l’Ordre.

[2] http://www.politaia.org/balkanisierung/merkelantismus-der-hochadel-meldet-sich/

[3] Allusion aux 14 points de Wilson qui reconfiguraient l’Europe. Son point 10 sonnait le démantèlement de l’Autriche-Hongrie : « Aux peuples d’Autriche-Hongrie, dont nous désirons voir sauvegarder et assurer la place parmi les nations, devra être accordée au plus tôt la possibilité d’un développement autonome. »
La numérotation des questions posées par M. van Handel est un ajout de la rédactrice de l’article.

[4] Helmut Kohl confia que Merkel avait été la plus grave erreur de sa carrière : « J’ai ouvert la porte à mon assassin. J’ai posé le serpent sur mon bras. »

[5] https://www.unzensuriert.at/content/0015330-Merkel-will-Kampf-gegen-Rassismus-und-Nationalismus-versch-rfen

[6] Angela Merkel est néoconservatrice, franc-maçonne. Dans ses décisions politiques, elle ne cesse d’évoquer son Herrgott luciférien et de faire de la main le signe satanique 666  de l’Antéchrist. Pour plus d’informations sur la chancelière, lire l’article lié.

[7] Commune de Haute-Autriche.

[8] http://www.georgsorden.at/geschichte/